![]() |
des crêtes ardennaises à la Cordillère des Andes
Accueil - Qui suis-je ? - Album photos - Archives - Amis16. Il y a le ciel, le soleil et la merPublié le 8/07/2007 à 02:21 - Ajouter un commentaire
Les crevettes et autres crustacés emplissant tout doucement nos narines après le canyon del Pato, nous voilà place prout dans la ville de Trujillo. Plan sur le guidon pour chercher un petit hotel, un sourd muet à vélo nous invite joyeusement à le suivre dans les boulevards de la ville. Pourquoi pas ? Destination : la fameuse casa de ciclistas tenue par Luccho (cycliste professionnel qui a lancé la maison du cycliste en Amérique latine) où la plupart des voyageurs en deux roues (sans moteur of course) passent inscrire leur passage (nous sommes les 846èmes), gonfler les statistiques de leur pays (la Belgique est classée 12 ème pays au monde, ce qui pour notre taille réduite est un très bon score, ne soyons pas modeste), tchaffer avec d'autres cyclistes de passage (tu montes ou tu descends ?), réparer les bécanes (Luccho étant perfectionniste, plus de 10 heures de réparation sans pause et on a même pas oser lui montrer nos roues arrières pour ne pas y passer la nuit). Mais surtout, nous avons eu le plaisir d'aller faire la fête, danser et manger (ce qu'ìls appellent "une réunion"...s'ils voyaient les nôtres!) avec les autres cyclistes, accueillis dans la famille de Luccho par sa petite femme qui fait à manger à en pleurer (empanadas, guacamole et autres spécialités locales), sa fille Angela (férue de vélo elle aussi) et son petit dernier appelé Lance (même pas le choix d'être accro lui aussi). Petit tour aussi par les vestiges laissés par les civilisations pré incas : temple de la lune en plein chantier archéologique (il reste des hectares à découvrir...s'il y a des étudiants en archéo, ils cherchent des bénévoles) et ville de chan chan (22 km2 de temples). Malheureusement, le tout pillé par les incas puis les conquistadores puis les pilleurs modernes. Nous aussi d'ailleurs on a faillit faire les frais d'un pillage de bagage (le sac de vêtements de Marie...pas très intéressant pour une baraque de 90kgs). Le jeu n'en valait pas la chandelle car un vigile c'est vigilant. Règlement de comptes tout en douceur sous l'oeil d'un cirque de 40 personnes (de quoi servir de leçon)...Pris en charge ensuite par la police...Peut être pas mieux comme traitement...Les méthodes péruviennes n'ont rien à envier Direction la côte par la super route panaméricaine. C'est un peu comme rouler au bord de l'E411 avec les klaxons en plus (pays national de la pollution klaxonienne). Au moins ça trace bien, ce qui nous laisse le temps de profiter de l'océan Pacifique : plongeons dans les vagues, observation des surfeurs au soleil couchant (bouh les frimeurs), dégustation de fruits de mers (frits, frits et refrits ou carrément crus !) et bronzouze (mais carrément impossible d'attenuer les traces "vélos"). C'est vrai que ça donne envie...On s'est fait plaisir avant de passer la frontière pour l'Equateur...Quatrième et dernier pays...Ca commence à sentir la fin...
17. Bye Bye Perù
Nous avions terminé notre article "bye bye Bolivia" en soulignant notre appréhension envers le pérou et les péruviens. Après un gros mois et demi au Pérou (et 1300 Km sur nos selles), nous venons de passer la frontière équatorienne; le temps pour nous de résumer tant bien que mal nos impressions. Une fois de plus, beaucoup de positif! Nos aprioris sur les péruviens étaient assez surfaits. Nous avons rencontré des gens avenants, curieux, intéressés et accueillants. L'habitude du tourisme y est probablement pour quelque chose. Bien entendu on nous a proposé toutes les babioles imaginables, bien entendu nous avons payé les prix touristes dans les grandes villes, bien entendu nous avons utilisé des centaines de fois le "no, gracias" parfois en oubliant le sourire de courtoisie, mais il est probable que notre chargement cycliste dépasse ce que ces péruviens-là gagneront sur toute leur vie. Du coup, les petits vendeurs de rue nous aparaissent moins pénible. Ceci étant, la grandeur du pays - plus de 2000 km de côte - ne permet pas vraiment de faire un amalgame de tous les péruviens tant les régions sont différentes. Entre les gens de la côte, les gens de la Cordillère, les populations de l'amazonie, les habitants de l'altiplano (région du lac Titicaca), les cusqueños (de Cusco), les habitants de Lima ou ceux du nord, il n'y a pas toujours grand chose en commun. Même les bières ne sont pas les mêmes entre les régions et il n'est pas possible de boire une Cusqueña au Nord et une Cristal à Cusco! Seul l'Inca Kola, boisson nationale au goût du Bubble gum est disponible partout: le rachat par la coca-cola company oblige! Grr...
Ce que nous retiendrons surtout du Pérou c'est la richesse culturelle et historique. Beh oui, vous vous attendiez à plus original comme conclusion, non? Désolé, mais le problème c'est que c'est vraiment vrai! Par contre nous partions avec une idée grandiose des Incas et nous sortons du pays avec une vision toute autre. Les musées de Lima (eh oui on se la joue culturel et on a même un monde dilpomatique avec nous spécial amérique latine! ouhouhh les intellos!) et les visites des sites pré incas aux alentours de Trujillo nous ont bien soufflés. Il y a un peu de tout: des chimús (moi aussi chui mou), des mochés, des chavins, des nasca (les fameuses lignes), des waris, des paracas et toute une ribambelle d'autres civilisations dont les incas ont récoltés les pratiques, les techniques et les croyances.
Notre voyage au nord du pays, en dehors des circuits touristiques traditionnels, aura été intéressant à d'autres points de vue. Nous avons découvert un autre pays; une vie certainement plus pauvre que dans le reste du pays, en particulier en roulant le long de la mer, sur la panaméricaine entre Chimbote et Trujillo. Nous avons d'ailleurs évité Chimbote parce qu'il n'y a rien à y voir mais aussi pour des raisons de sécurité évidente. Chimbote a connu un boom économique grâce à la pêche de la crevette (la pêche représente la première ressource du pays suivie des mines et le Pérou est le 3ème exportateur mondial de poissons). Malheureusement le secteur s'est écroulé, laissant Chimbote décadente. La misère urbaine étant à nos yeux toujours plus difficile que la pauvreté des campagnes. C'est d'ailleurs une de nos conclusions suite à la visite de nos partenaires de commerce équitable: soutenir des groupes d'artisants, c'est une lutte évidente contre l'exode rural.
L'extrême nord du pays, en longeant l'océan pacifique nous a offert quelques belles vagues avant de traverser la frontière de l'Equateur. Les frontières ont toujours quelques choses d'énergisant, d'électrique. Ça grouille, ca magouille, ca traficote dans tous les sens et on ne sait finalement plus oú se situe la réelle frontière. Voici donc notre quatrième et dernière étape en ligne de mire. Il nous reste un peu moins d'un mois et demi pour rejoindre Quito. Mais avant cela nous volons après demain vers... les îles galapagos! Oui, ca fait un peu carrément classe, mais bon il ya la foire agricole dans une vingtaine de jours, il fallait bien se consoler avec quelque chose de grandiose!
Allez, grosses boutches à vous tous.
|
![]() |