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des crêtes ardennaises à la Cordillère des Andes
Accueil - Qui suis-je ? - Album photos - Archives - Amis19. JunglePublié le 1/08/2007 à 07:08 - Ajouter un commentaire
Nos vélos posés pour quelques jours à Baños, nous partons vers le bassin amazonien. Après une heure et demi de vélo (de location cette fois - une horreur), deux heures de rafting (une première pour nous deux, le pied total) et une grosse heure de voiture sur un sentier empierré s'engoufrant dans les collines verdoyantes, nous pénétrons dans l'Amazonie. Sebastiàn sera notre guide pour trois jours. Du haut de sa petite taille, trappu au cheveux longs noirs vifs, il nous accueille le regard timide, un sourire à peine esquissé. Nous partons directement vers une cascade sacrée où son grand père venait adorer le dieu de l'eau et se purifier. Sebastián est sans aucn doute un homme d'ici, sa langue maternelle est le Chuar (population de 12.000 habitants), ses traits de visages sont sans équivoque et nous sentons directement qu'il connaît bien la forêt: il y est né, il y a grandi et il nous étale au long du parcours toute sa connaissance accumulée et transmise par les adultes de son village. Il nous fait découvrir les jeux avec lesquels il s'amusait quand il était gamin ( le favoris étant les lianes bien sûr!), les plantes médicinales, les arbres utilisés pour la construction, pour les flèches des sarbacanes, quelles plantes utilise-t-on pour le curare,... nous dormons sur le haut d'une colline à l'ombre de grands ficus, et de quelques palmiers. Sebastiàn allume le feu dans lequel il plongera des bouts de poulets préalablement épicés et emballés dans des grandes feuilles de palmes. Le soir, à la lueur de la seule bougie, avec une bière à moitié chaude et accompagné par les cris de la faune nocturne qui s'éveille, nous discutons tranquillement. Sebastiàn connait bien l'Europe. Et pour cause! après une année d'étude à cuneca il s'envole pour l'Allemagne pour y étudier la biologie. Derrière ses traits indigènes, c'est une autre facette que l'on découvre. Il nous parle de Lausanne, de Lyon, de Stuttgart, de son premier mariage avec une suisse, de son deuxième mariage avec une hollandaise,... il parle l'allemand parfaitement. Nous sommes amusés par cette double vie et toutes ses histoires. A 27 ans, il garde malgré tout un attachement non dissimulé pour la jungle, mais souligne aussi les difficultés de s'y épanouir. Les règles traditionnelles sont encore de mises et il n'est pas facile de se démarquer sans attirer les ennuis ou la jalousie. Il rêve cependant d'ouvrir sa propre agence de tourisme et de continuer à sensibiliser les touristes à la faune et la flore de sa région. Toute la zone est classée réserve naturelle par le gouvernement équatorien et différents programmes de préservation de l'environnement sont mis en place. Ce n'est pourtant pas l'apanage du reste du bassin amazonien situé en Equateur. La déforestation y est massive pour des raisons économiques à court terme: la vente du bois exotique sans replantation et la création de zones de paturage pour le bétail. La construction d'un oléoduc construit il y a quelques années au nord du pays a soulevé les peuples indigènes et les associations environnementales tant les hectares défrichés étaient énormes et les conséquences nombreuses. Ces réalités nous renvoient d'autant plus à la chance que nous avons eu de pouvoir profiter de quelques jours dans la forêt. Nous sommes de retour à Baños et nous remontons la vallée demain vers l'allée des volcans. Notre étape de demain soir n'est pas loin (45 Km) mais nous avons un dénivelé de mille mètres à gravir. Bonne continuation à tous et un bonjour particulier aux libinois puisqu'il semble que le Clics soit arrivé dans les boites aux lettres. Bonne fête de Glaireuse à tous!
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